Enfin seul

Publié le par bienvenuechezlesfous

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            Bourrade.

Conscience.

Quoi encore !

Que me veut-on ?

Je ne suis ici pour personne. Dites à ma secrétaire d'annuler tous mes rendez-vous pour au moins cent ans et confirmez que je ne prends aucune communication téléphonique.

Mais qu'est-ce qu'ils fabriquent encore, Roc et Gravillon ? Ils ont ouvert ma veste de pyjama et s'escriment à vouloir me l'ôter. Mais pour quoi faire, grand dieu ? Pour quoi faire ?

Une fois encore, la manœuvre est périlleuse. Toujours ces maudites ligatures.

Voilà un bien intéressant problème qui doit relever de la topologie tridimensionnelle :

Peut-on enlever la veste d'une personne dont bras et jambes sont fixés solidement à un lit au cadre d'acier, lui-même fermement assujetti au sol par le moyen de vis que l'on devine rétives à toute tentative de démontage ? Top chrono !

Ting… Ting… Ting… Ting… Ting Tang Tong !

Et maintenant votre réponse, pour savoir si nous vous retrouverons en deuxième semaine.

Non !

La réponse est non, à moins d'envisager une destruction irréversible de la veste ou une double amputation des membres supérieurs du sujet. C'est quand même beaucoup de boulot !

Il me vient même une autre idée, mais je ne suis ni en état de l'exprimer ni absolument convaincu qu'elle recueillerait d'abondants suffrages : Il suffirait de déboucler mes liens.  Simple, rapide, efficace. Je conviens bien du caractère ô combien novateur, voire furieusement hérétique, de la méthode qui me vient à l'esprit mais il n'en demeure pas moins qu'elle est la seule dont le l'efficacité soit incontestable et dont la mise en œuvre ne requiert ni la maîtrise d'une technologie avancée ni l'emploi de moyens humains pharaoniques.

Je préfère donc rester discret, et après quelques essais infructueux d'un effeuillage à l'érotisme tout relatif, on me ramène ma couverture jusqu'au menton avant de la reborder avec minutie.

Rambo I et II vérifient d'un coup d'œil qu'ils n'ont cette fois rien oublié, puis quittent la chambre pour me laisser jouir sans entrave des plaisirs démodés de la méditation psychédélique.

Trou noir...

 

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Publié dans Litterature

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